samedi 15 mai 2010

David Cameron, le plus jeune Premier ministre britannique


PORTRAIT - Vainqueur du scrutin de la semaine dernière, le leader conservateur est tout proche du 10, Downing Street...

Le très médiatique leader du parti Conservateur («Tory»), David Cameron, est devenu mardi 11 mai Premier ministre britannique, en succédant au travailliste Gordon Brown, et a pris la tête d'une coalition avec les libéraux-démocrates qui met fin à 13 ans de règne du Labour. Le leader conservateur avait tous les atouts pour le poste. Démonstration.

A 43 ans, David Cameron jouit en effet d'une solide popularité, grâce à son image de «Tory» cool, accessible, qui arrive au Parlement en vélo, et dont l’épouse, Samantha, est une designer très en vue, qui n’hésite pas à se mettre elle aussi en avant dans les médias pour faire la publicité de son mari. David Cameron ouvre en effet facilement la porte de son intimité, laissant photographier ses enfants comme sa demeure. Il a également touché en plein cœur l'opinion publique, en évoquant le décès de son fils aîné, Ivan, gravement handicapé et atteint d'épilepsie, décédé en février 2009.
«Tory Blair»

Son image branchée a peu à peu balayé celle des Tories, vieillotte. A 43 ans, David Cameron devient le plus jeune Premier ministre britannique depuis 200 ans. Un défi relevé de peu, car Tony Blair arrivait tout juste sur ses 44 ans lorsqu'il est arrivé au 10 Downing Street en 1997. Les deux hommes sont d'ailleurs souvent comparés. Le charisme de Cameron lui valent le surnom de le «Tony Blair de droite», ou de «Tory Blair» chez ses détracteurs. A l’image de l’ancien Premier ministre travailliste, David Cameron a dépoussiéré et modernisé le parti, depuis son élection à sa tête en 2005. En lieu et place du libéralisme pur et dur de Margaret Thatcher, Cameron met en œuvre un nouveau conservatisme, «moderne et compatissant», c’est-à-dire un conservatisme libéral teinté de préoccupations sociales et d'écologie.

Il promet ainsi de défendre les services publics fondamentaux comme l'éducation et la santé, même s’il dénonce toujours l'omnipotence de l'Etat. Sa promptitude à punir les parlementaires conservateurs responsables de notes de frais abusives au printemps 2009, lui vaut également la bienveillance du public, d’autant plus que le gouvernement travailliste a longtemps tergiversé avant de réagir.
Manque de crédibilité

Charismatique et maîtrisant particulièrement bien la communication politique, Cameron souffre cependant d'un déficit de crédibilité. Aristocrate type, descendant du roi Guillaume IV, fils d’un riche agent de change de la City et d’une magistrate, David William Donald Cameron est né le 9 octobre 1966 avec une cuillère en argent dans la bouche.

Après une enfance dorée passée dans l'Oxfordshire, il fréquente les écoles privées les plus huppées, puis le très sélect collège d'Eton, avant de rejoindre l'université d'Oxford en 1985. Il rejoint les Tories dès sa sortie, et il obtient, à 22 ans, un poste de conseiller. Il devient alors la «plume» de Margaret Thatcher, puis de John Major. En 1994, il choisit de faire un passage dans le privé. Il dirige la communication du groupe de médias Carlton, jusqu’en 2001, année où il est élu député de Witney, non loin d'Oxford, après plusieurs essais infructueux.
Petit jeune ou vieux briscard de la politique?

Lors de la campagne, Cameron a su combler ce manque de crédibilité. Celui qui reconnaît avoir été «atrocement privilégié» martèle à qui veut l’entendre que «ce qui compte, ce n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va». Et il l’a prouvé. Lors du dernier débat télévisé, centré sur l’économie, il a su éclipser Gordon Brown sur son propre terrain. Un atout de plus pour le favori de cette élection législative, en période de grave crise économique dans le pays.

Seule ombre au tableau: lors de la campagne, un autre «petit jeune», le «lib-dem» Nick Clegg, a émergé, faisant passer David Cameron pour un vieux briscard de la politique, lui qui est inratable dans les médias depuis cinq ans. Le conservateur a ainsi perdu sa confortable avance dans les sondages et n'a pas réussi à obtenir la majorité absolue, qui lui aurait ouvert plus rapidement les portes du 10, Downing Street.

Bérénice Dubuc

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